En enfilant les soirs…
Par un éclat de rire
Qui résonnait dans un parc
J’ai découvert une fée
Qui s’appelait Ariane
Elle chantait et en marchant
Ses pointes de ballerine
Se déposèrent délicatement
Dans le décor de ma vie:
Ce fut la fête !
Ce fut la joie !
La passion !
Peut-être même le bonheur !
Puis, elle s’évapora de ma vie
Comme la rosée
Du petit matin
Des années, d’autres années
Des hivers trop longs,
Trop froids,
Des étés trop lourds,
M’enveloppèrent
Dans le manteau serré
De mon ennui
Tous les jours
En regardant le Soleil
Je revoyais son image
Nette comme un dessin
Réalisé au fusain
Son sourire magnifique
M’envoutait
Son chant vibrait en moi
Et me secouait
Comme un navire
Brassé par les flots
Je trouvais la vie bien rude :
Pourquoi une fée
Au sourire si doux
Avait-elle pris
Un chemin inaccessible ?
Ma maladresse m’accablait
Pourquoi avais-je laissé
S’envoler pareil Soleil ?
Une réflexion brisa le cercle
De ma culpabilité :
Une femme est toujours libre
De faire ce qu’elle veut
Tout ce que je peux lui offrir
C’est ma modeste présence
Mon écoute, mon amour,
Ma joie
Des années s’écoulèrent
Pendant que j’enfilais le temps
Un bon jour
En me promenant à la campagne
J’entrai dans une auberge :
Ariane était là, elle sirotait un café
Avec son amoureux du temps
Ils avaient l’air heureux
Je les ai salués tristement
Pendant que mon coeur sombrait
J’ai repris la route
Avec une immense sensation
de lassitude et de peine
Une semaine s’est écoulée
Puis une autre,
Encore une autre,
Et puis…
Rien, rien, rien
Un soir en traînant mes pas
Quelque part dans la ville
Soudain elle m’est apparue
Près d’un carrefour
Elle s’est approchée de moi
Elle m’a regardé droit dans les yeux
Je n’ai rien dit
Et nos coeurs se sont soudés
De nouveau
Denis Rheault
13 février 2026
Trois-Rivières
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