Le patron assis à son bureau s'entretient avec sa jeune secrétaire et indispensable escorte (qualité populaire chez les patrons d’un certain âge). Elle lui confie, le coeur lourd ses problèmes, tout en pleurant. En entendant sa pénible histoire, le patron se met à pleurer lui aussi. Il pleure. Il pleure. Il n'en finit plus de pleurer. Et sa jeune secrétaire lui demande, entre deux larmes : « Bon patron, pourquoi pleurez-vous? Vous ai-je offensé? » « Ma petite oiselle, je pleure de vous voir pleurer. » Il essaie de lui répondre, mais c'est plus fort que lui, de grosses larmes coulent sur ses joues. « Voyons, patron, qu’avez-vous? » « Tout ce que vous me racontez au sujet de votre tante qui a perdu son chat est d'une telle tristesse. Ça me crève le cœur. Jamais je n’ai entendu une histoire aussi désolante : « Votre tante qui a perdu son chat, alors qu'un an auparavant, elle avait encaissé la mort de son canari. Quelle épreuve terrible... Et il pleure, il pleure, il pleure. La secrétaire ajoute : « Et puis, doux patron, vous ne savez pas le pire : je ne vous ai pas dit qu'il y a trois ans, elle avait perdu aussi sa perruche ».« Elle avait perdu sa perruche, mais c’est épouvantable! Comme elle est éprouvée cette femme-là, c'est inimaginable! » Et il essuie d'autres larmes. « Et c’est sans oublier, précise la secrétaire, qu’il y a six jours à peine, elle a perdu son mari. » « Non, ça ne se peut pas! C’est impossible : jamais je n'ai entendu une histoire pareille. Même les meilleurs romanciers, ceux de la brillante collection Harlequin, une des plus sérieuses maisons d’édition du Québec (imaginez les autres!», n'ont jamais inventé un récit aussi troublant. Est-ce qu'elle aimait son mari ? » « Pas du tout. Ce salaud lui a laissé un testament africain : tous ses héritiers l'ont mangé comme des vautours! Elle déteste tellement son mari que, chaque nuit sans lune, elle va sur sa tombe pour lui faire entendre le terrible cri de l’Orang-outan. C'est un cri terrifiant : tous les voisins du cimetière sont morts de peur. », dit-elle en pleurant. Le patron qui pleure de la voir pleurer lui demande : « Mais ma petite pivoine, ma fleur inutile pour le travail mais préférée pour le sexe, pourquoi me racontez-vous cette histoire si déchirante qu'elle réussit à me faire perdre tous mes moyens au point où je suis en danger que me sous-vêtements me lâchent, dit-il en pleurant et en jetant un coup d'oeil inquiet sur son pantalon. « Parce que je pense que vous pouvez m'aider, bon patron? » « Comment puis-je refuser de satisfaire tes désirs, toi ma petite biche, à qui je ne refuse rien surtout après la pipe quotidienne de la secrétaire bien ordinaire ? » « Patron, j’aurais besoin d’une très petite augmentation de salaire. » « Une augmentation de salaire! Tu n’y penses pas, tu veux me briser le cœur, me ruiner… par contre, c'est tellement pénible ce qui est arrivé à ta tante que je ne puis être insensible à son malheur ». « Vous acceptez, bon patron! C'est merveilleux ! Vous ne pleurez plus! » Le patron froid comme le marbre d'une pierre tombale réplique en reprenant ses sens « Mon ange, je t’aime bien, mais quand il est question d'augmentation de salaire, mon portefeuille se rétrécit, mon cœur étouffe et mes larmes se tarissent. » « Pourtant, patron, je ne vous ai pas encore tout raconté.» «Quoi donc ma chouette! » « Ma pauvre tante, il y a un an, a été obligée de s'acheter d'autres dentiers : elle les avait échappés dans sa toilette. » Elle pleure à nouveau, et le patron attendri, les yeux rougis par ses larmes lui dit : « Comme votre tante a dû tellement souffrir ! devoir embrasser son amant c'est déjà pénible, mais sans dentiers, quelle chose horrible! Et en prononçant ces mots d'autres larmes coulent sur ses joues. La secrétaire revient à la charge:« Alors, je vais l'avoir cette augmentation ! vous l'aimez tellement ma tante !» Le visage du patron blêmit, pâlit, blanchit comme les fesses d'une nonne recevant son confesseur, puis, en quelques secondes, se durcit comme de la neige : « Chère Mademoiselle dont j'oublie déjà le nom et qui étiez ma dixième secrétaire, je crois que votre présence auprès de moi n'est plus requise. Dites-moi, vous ne connaîtriez pas dans votre entourage une autre belle secrétaire qui serait disponible.»
Et l'ancienne secrétaire pleure, pleure, pleure...
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