Monsieur
le cuisinier responsable de l’alimentation saine au
Chiusse de la
Mauricie.
Monsieur,
je viens de manger un repas délicieux que m’a fait
goûter un
retraité qui reçoit vos services. C’était un pâté mexicain
ou
colombien arrosé d’une sauce brune. Quel repas! Avez-vous
songé
qu’avec une sauce pareille vous pourriez rendre jaloux les
chefs
les plus réputés dans le monde.
Comme
ça, elle paraît appétissante; un liquide d’un brun foncé,
tirant sur le noir et tirant tout court, visqueux comme de la
mélasse, pâteux, avec tantôt des reflets bleu-vert ou même
jaune-
vif qui nous rappelle le soleil des Antilles. Elle ne ressemble
à rien
sinon à un tas de bouette, et même si elle dégage une
odeur de
fumier, rappelez-vous qu’on est souvent trompé par nos
sens.
C’est d’ailleurs ce que me dit ma femme chaque fois qu’elle
saute
la clôture avec le curé !
La
fameuse sauce arrive dans un contenant congelé, dur comme
de la
pierre, et tout ce que le client doit faire, c’est de la réchauffer
lentement et doucement. C’est ça le truc : on doit la traiter
comme
si on déshabillait une princesse ! Prenez garde de la manger
tout
de suite, il faut d’abord avaler un sachet anti-poison,
formalité
exigée par la directive 399,3579 du mois de juin 1960,
qui
remplace la directive 399,3580 paragraphe 2, section 3, du
Chiusse de la Mauricie qui nous fait tous...ch...
Même
les Français qui sont si pointilleux et délicats en matière
culinaire ne trouveraient rien à redire.
Que
diriez-vous de vendre cette précieuse recette aux grands
restaurateurs qui pourraient rehausser leur menu trois étoiles
avec
cette petite merveille.
Cette
sauce actuellement fait fureur dans les maisons de retraités
où on
n’arrive plus à répondre à la demande. Vous allez me dire
que
certains font de l’alzheimer et qu’ils en perdent des bouts,
mais
cela ne les empêche pas d’entretenir un bon moral!
Grand
merci au Chiusse de prendre soin de nos vieux !